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samedi 22 décembre 2018

in the heart of the woods

http://www.poeticimageryfineartphotography.com/blog/2018/12/22/on-the-winter-solstice-i-had-this-dream
© Tom-R

Pour inscrire ton nom dans le noir
des forêts, pour que reverdisse,
sous le gravier, ta clarté, reflétée.

© Julie Delaloye

dimanche 4 juin 2017

nuages

http://isabonat-luciani.blogspot.fr/ 

A son réveil
elle sort le nuage de ses yeux
et fait fondre
le petit matin
dans la sècheresse de son palais.
A chaque gorgée
elle retient une nuit
de corps contraints
quand le coeur cogne
ses abandons.
A chaque gorgée
elle garde en elle intact
le foudroyant égaré.
Elle tend la main
reprend le nuage
qu'elle glisse dans le noeud de son mouchoir.
Demain peut-être
qu'au croissant de lune
une brise
s'échappera de sa bouche
et chantera
le chant des oiseaux.

© Isabelle Bonat-Luciani



http://www.blurb.fr/b/7351227-la-boite
© Tom-R



dimanche 7 février 2010

L'arbre des pas perdus




L'arbre des pas perdus - parution février 2010 - co-écrit avec Cyril Berthault-Jacquier

Les racines de l'arbre : Ce livre est le fruit d’une rencontre entre un photographe amoureux des mots, et un écrivain passionné par la photographie.
L’aventure a commencé par une image. Des mots pour réponse. Une nouvelle image en réplique, d’autres mots et ainsi de suite jusqu’au point final du projet.
Au fil de cette correspondance, de juillet 2009 à février 2010, s’est construit une narration, dans le respect de l’univers de l’un et de l’autre; qui ne demande qu’à se poursuivre...
mots : Cyril Berthault-Jacquier
photographies : Tom Rousselon

vendredi 2 octobre 2009

sur la route



© Tom-R

J'ai roulé comme un fou,
Sur des routes de boue,
Traversant sans répit
Des plaines de neige
Des déserts de gel.

Rien ne pouvait m'arrêter.

J'ai entendu pourtant
Le craquement de mes os,
Quelle fureur dans le bruit,
J'ai senti mon corps en légèreté.

Je me suis réveillé,
Maquillé de sang,
Devant un mur de ruines.

J'avais à la main un livre ouvert.
Il parlait d'allégorie et de caverne.
Cyril Berthault-Jacquier

mardi 11 août 2009

CyTologisme


© Tom-R

J’ai vécu sans histoire ni attache pendant des années. Je ne
suis pas en mesure de vous parler de mes voyages ni de mes
errances. J’ai tout oublié. Si je suis devenu un homme vide,
je demeure un homme léger.

Je suis revenu sur le lieu de ma mémoire meurtrie. Il le
fallait, ne fut-ce que pour tenter de me souvenir.

L’herbe était verte. Etait-ce au printemps ?

Sur mes racines mortes pousse une marguerite. J’eus l’envie de
l’effeuiller. J’ai fermé les yeux, et à voix basse, me suis
arrêté à un mot. Passionnément.

Cyril Berthault-Jacquier - pour une image de Tom-R - Bruxelles, juillet 2009

vendredi 31 juillet 2009

CyTologisme

© Tom-R

J’ai voulu, un soir de sombre, couper mes racines. Le ciel était noir comme l’encre de la sèche. Il faisait chaud, c’était l’été. Je n’avais plus d’âge, celui de la raison m’ayant quitté depuis longtemps.

Étonnamment, je n’ai ressenti aucune douleur. Rien. Même pas un vide. Un liquide blanc sans odeur s’est répandu à la surface de ma mémoire, puis très vite, le voile emporta tout.

J’ai lu dans les lignes de ma main un avenir que je ne compris pas. Pas plus que je ne croie au passé, je ne cautionne le futur. Suis-je pour autant un instant présent ?

Cyril Berthault-Jacquier - pour une image de Tom-R - Bruxelles, juillet 2009

dimanche 19 juillet 2009

vol de nuit

© Tom-R

Il y a confusion à la surface du rêve. Une nuit d'étrange a balayé la ville laissant place à une perspective désordonnée.
Mes souvenirs s'éloignent comme de la fumée blanche. Je tente de les attraper au vol. Mes mains sont molles.
Une mer de coton déborde les instances. Saignement de nez, le sable s'embrunit, l'eau s'évapore.
D'où sommes-nous ? De quelle maison ? L'architecte dessine un plan. La structure n'est pas viable. L'interrupteur reste bloqué.
L'horizon est un pont vers le vide. Rien ne se cache derrière. Pas même l'idée d'une lumière.

There is confusion on the surface of the dream. A night of strange swept the city, leaving place to a muddled perspective.
My memories go away like white smoke. I try to catch them as they fly past. My hands are flabby.
A cotton sea extends beyond the entreaties. Nosebleed, the sand is getting a tan, the water is evaporating.
Where are we from? From what house? The architect draws a plan. The structure is not viable. The switch remains blocked.
The horizon is a bridge towards the space. Nothing hides behind. Not even the idea of a light.

mercredi 15 juillet 2009

lignes


© Tom-R

Droite ligne et bleu mémoire
N'être que passage sur la route
Tout à angles, le ciel se carre
J'ai écrit ton nom à l'encre blanche;
Je voulais t'envoyer une lettre
Cyril Berthault-Jacquier

samedi 11 juillet 2009

le banc

© Tom-R
 
Le vent de la mer a fait gris le ciel. J'ai saupoudré sur la toile des cristaux de sel et de la poudre de diamant.

Derrière mes yeux, des champs de jonquilles parfument l'espace blanc.

C'est entre temps, tout à possible. Je flotte entre deux nuages. Mon corps est liquide.Suis-je somnambule?
Mon pinceau me tient en équilibre.

Cyril Berthault-Jacquier - Blanc

vendredi 27 février 2009

la fille sur le banc de nuages

www.tom-r.fr
© Tom-R

ces journées blanches vous transforment; ces journées où le temps du silence dépasse celui du bruit. mais ce n’est pas une course, non, ce n’est pas une course du bruit contre le silence; parfois le silence est plein et le bruit est vide.
*
je suis une femme endormie dans le berceau d’une forêt vert amande.


© Marion Blank