Affichage des articles dont le libellé est Cyril Berthault-Jacquier. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cyril Berthault-Jacquier. Afficher tous les articles
jeudi 2 mai 2013
dimanche 7 février 2010
L'arbre des pas perdus
L'arbre des pas perdus - parution février 2010 - co-écrit avec Cyril Berthault-Jacquier
Les racines de l'arbre : Ce livre est le fruit d’une rencontre entre un photographe amoureux des mots, et un écrivain passionné par la photographie.
L’aventure a commencé par une image. Des mots pour réponse. Une nouvelle image en réplique, d’autres mots et ainsi de suite jusqu’au point final du projet.
Au fil de cette correspondance, de juillet 2009 à février 2010, s’est construit une narration, dans le respect de l’univers de l’un et de l’autre; qui ne demande qu’à se poursuivre...
mots : Cyril Berthault-Jacquier
photographies : Tom Rousselon
jeudi 3 décembre 2009
vendredi 2 octobre 2009
sur la route
© Tom-R
J'ai roulé comme un fou,
Sur des routes de boue,
Traversant sans répit
Des plaines de neige
Des déserts de gel.
Rien ne pouvait m'arrêter.
J'ai entendu pourtant
Le craquement de mes os,
Quelle fureur dans le bruit,
J'ai senti mon corps en légèreté.
Je me suis réveillé,
Maquillé de sang,
Devant un mur de ruines.
J'avais à la main un livre ouvert.
Il parlait d'allégorie et de caverne.
Cyril Berthault-Jacquier
J'ai roulé comme un fou,
Sur des routes de boue,
Traversant sans répit
Des plaines de neige
Des déserts de gel.
Rien ne pouvait m'arrêter.
J'ai entendu pourtant
Le craquement de mes os,
Quelle fureur dans le bruit,
J'ai senti mon corps en légèreté.
Je me suis réveillé,
Maquillé de sang,
Devant un mur de ruines.
J'avais à la main un livre ouvert.
Il parlait d'allégorie et de caverne.
Cyril Berthault-Jacquier
samedi 26 septembre 2009
la rage
© Cyril Berthault-Jacquier
Dans cette insignifiante couche de muscles qui restait encore sur nos os et qui nous donnait la force de manger, de nous mouvoir, de respirer et même de scier du bois, de pelleter pierre et sable dans les brouettes et de pousser ces mêmes brouettes sur l'interminable chemin de roulage des mines d'or, sur l'étroit chemin de bois qui mène à la battée de lavage, dans cette couche de muscles il n'y avait plus de place que pour la rage, le plus vivace des sentiments humains.
© Varlam Chalamov - Récits de Kolyma
In this insignificant layer of muscles which still stayed on our bones and which gave us the strength to eat, to move us, to inhale and even to saw some wood, to scoop stone and sand in wheelbarrows and to push these same wheelbarrows on the endless road of rolling of goldmines, on the narrow wooden road which leads to the jamb of wash, in this layer of muscles there was not a place anymore than for the fury, the most long-lived of the human feelings.
mardi 11 août 2009
CyTologisme
© Tom-R
J’ai vécu sans histoire ni attache pendant des années. Je ne
suis pas en mesure de vous parler de mes voyages ni de mes
errances. J’ai tout oublié. Si je suis devenu un homme vide,
je demeure un homme léger.
Je suis revenu sur le lieu de ma mémoire meurtrie. Il le
fallait, ne fut-ce que pour tenter de me souvenir.
L’herbe était verte. Etait-ce au printemps ?
Sur mes racines mortes pousse une marguerite. J’eus l’envie de
l’effeuiller. J’ai fermé les yeux, et à voix basse, me suis
arrêté à un mot. Passionnément.
Cyril Berthault-Jacquier - pour une image de Tom-R - Bruxelles, juillet 2009
vendredi 31 juillet 2009
CyTologisme
J’ai voulu, un soir de sombre, couper mes racines. Le ciel était noir comme l’encre de la sèche. Il faisait chaud, c’était l’été. Je n’avais plus d’âge, celui de la raison m’ayant quitté depuis longtemps.
Étonnamment, je n’ai ressenti aucune douleur. Rien. Même pas un vide. Un liquide blanc sans odeur s’est répandu à la surface de ma mémoire, puis très vite, le voile emporta tout.
J’ai lu dans les lignes de ma main un avenir que je ne compris pas. Pas plus que je ne croie au passé, je ne cautionne le futur. Suis-je pour autant un instant présent ?
Cyril Berthault-Jacquier - pour une image de Tom-R - Bruxelles, juillet 2009
dimanche 19 juillet 2009
vol de nuit
Il y a confusion à la surface du rêve. Une nuit d'étrange a balayé la ville laissant place à une perspective désordonnée.
Mes souvenirs s'éloignent comme de la fumée blanche. Je tente de les attraper au vol. Mes mains sont molles.
Une mer de coton déborde les instances. Saignement de nez, le sable s'embrunit, l'eau s'évapore.
D'où sommes-nous ? De quelle maison ? L'architecte dessine un plan. La structure n'est pas viable. L'interrupteur reste bloqué.
L'horizon est un pont vers le vide. Rien ne se cache derrière. Pas même l'idée d'une lumière.
There is confusion on the surface of the dream. A night of strange swept the city, leaving place to a muddled perspective.
My memories go away like white smoke. I try to catch them as they fly past. My hands are flabby.
A cotton sea extends beyond the entreaties. Nosebleed, the sand is getting a tan, the water is evaporating.
Where are we from? From what house? The architect draws a plan. The structure is not viable. The switch remains blocked.
The horizon is a bridge towards the space. Nothing hides behind. Not even the idea of a light.
mercredi 15 juillet 2009
lignes
Droite ligne et bleu mémoire
N'être que passage sur la route
Tout à angles, le ciel se carre
J'ai écrit ton nom à l'encre blanche;
Je voulais t'envoyer une lettre
Cyril Berthault-Jacquier
Je voulais t'envoyer une lettre
Cyril Berthault-Jacquier
samedi 11 juillet 2009
le banc
Le vent de la mer a fait gris le ciel. J'ai saupoudré sur la toile des cristaux de sel et de la poudre de diamant.
Derrière mes yeux, des champs de jonquilles parfument l'espace blanc.
C'est entre temps, tout à possible. Je flotte entre deux nuages. Mon corps est liquide.Suis-je somnambule?
Mon pinceau me tient en équilibre.
Cyril Berthault-Jacquier - Blanc
Inscription à :
Articles (Atom)




