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samedi 1 août 2026

lettres d'amour à la photographie

 

Dans la maison, se trouvait une quantité bien plus importante que ce que j'avais imaginé d'instruments d'expérimentation, de produits chimiques, d'ustensiles divers, restés sur place. Si l'on m'avait dit que jusqu'à une date toute récente des expériences étaient encore réalisées en ce lieu, j'aurais été enclin à le croire. Dans ce laboratoire sous les toits, j'eus presque l'impression d'entendre les voix de Niépce et de son ami Daguerre. En voyant de mes yeux la réalité des lieux, j'ai de nouveau pris conscience que c'était bien ici que le dispositif de la photographie était né et cette certitude rendit mon émoi encore plus grand.

Et puis, comme je me l'étais promis il y a longtemps, j'ai pu, très naturellement, photographier la vue du jardin depuis la fameuse fenêtre. Non sans émotion, évidemment. Même si ma photographie a été prise trop simplement, en à peine 1/250 de seconde d'exposition, elle est sans aucun doute reliée à ce que nous ont légué les combats et la passion de l'inventeur Nicéphore Niépce.

La photographie a commencé avec la question que s'est posée Niépce : "N'y aurait-il pas une autre méthode que la mémoire des yeux et du coeur pour conserver fidèlement ce que voit l'être humain ?". Famille, personne aimée, amis chers, paysage et toutes sortes d'objets de ce monde : tout ce qui suscite en nous des sentiments a ouvert la voie de la photographie. Ma théorie est très simple et tient en peu de mots : "La photographie, c'est le souvenir."

Parce que dans cette maison de Saint-Loup je me suis trouvé devant la même fenêtre que Niépce, j'ai ressenti quelque part en moi comme une preuve que j'étais photographe. Cela, j'en suis certain, parce que j'ai pu me tenir moi-même dans cette lumière de début d'été qui emplissait ce lieu sacré à Saint-Loup-de-Varennes.

© Daido Moriyama

 

mardi 30 décembre 2025

kjaerlighet


Quand je serai vieille, on partira en train. Loin, aussi loin que possible. Voir par la fenêtre des montagnes et des villes et des lacs, parler avec des gens d'autres pays. Etre ensemble tout le temps. Ne jamais arriver à la fin.

© Hanne Ørstavik

mercredi 8 mai 2024

 

Il faudrait écrire comme on marche dans la rue. On marche, on écrit, on traverse la ville, elle est traversée, elle cesse, la marche continue, de même on traverse le temps, une date, une journée et puis elle est traversée, cesse. Il pleut sur la mer.

vendredi 26 avril 2024



© Sally Mann

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce que tu aimes demeure,
le reste n'est qu'écume.
Ce que tu aimes ne doit pas t'être arraché,
ce que tu aimes est ton véritable héritage.
© Ezra Pound, cité dans Tiens toi bien! de Sally Mann

mardi 12 mars 2024



© Tom-R
  
Se tenir toujours accroché au rêve, et défier jusqu'à la mort pour ne jamais le perdre.
© Goliarda Sapienza - moi, Jean Gabin

mardi 20 février 2024

20 février


© Tom-R


Je suis sortie du sommeil dans le couloir du rêve sur la pointe des pieds, à tâtons. Sur le sol il y avait du sable humide, l'ombre de tes cernes sur les murs. Sous mes mains grandes ouvertes, des visages de glace. Sur la nuque ton souffle de nuit me happe les cheveux. Je ne peux revenir.

© Goliarda Sapienza - destin piégés

vendredi 21 avril 2023

 

© Tom-R

une chute de liens
avec le ciel qui jette l'ancre
un désordre
que blessent les vents

de biais
la beauté vient
chasser l'obscurité

les forêts
aprennent à vivre
avec soi-même

© Hélène Dorion - Mes forêts

dimanche 26 mars 2023

Cathie Barreau

Peut-être ainsi te serais-tu approché de nos mystères loin des mots, tu aurais senti mon âme en mon corps, mon âme comme mon corps, furieuse et douce.

samedi 18 février 2023

© Tom-R

J'ai commencé par ton corps,
Par ta silhouette en marche entrevue parmi les herbes,
Par l'extrémité de tes doigts
Posés sur un fruit
Et tes ongles vernis qui reculaient devant le couteau,
Par l'ébauche de ton sein
Dans l'échancrure de ta chemise
Tandis que tu me servais à boire,
Par ta bouche silencieuse
Et tes yeux qui écoutaient,
Par ton visage intensément contemplé,
Absorbé.
Puis j'ai reconnu ta voix,
Egale, méticuleuse,
Sans cesse renouvelée,
Agitée par instant d'un trouble
Qui me faisait bondir le coeur,
Et se taisant,
Puis repartant,
Retrouvant son débit et son chant,
Une eau tendre
Qui passait sur moi,
Et sous cette source
Je me couchai
Sans plus rien savoir
Que le bonheur de t'entendre.

© Danielle Bassez - Baïkal

vendredi 3 février 2023

nouvelle photographie française

 

Notre époque de "civilisation urbaine capitaliste" avec ses cités asphyxiées par la voiture, avec ses gens brisés par le travail, le fracas, avec son cortège universel d'horreurs, de troubles et de "crises" est particulièrement oppressive. A l’oppression, il y a deux réponses possibles : lutter contre à partir d'une connaissance de réalités, ou la fuir vers les espaces intérieurs. Ou les deux attitudes à tour de rôle ou en même temps, comme en mai 68, pour beaucoup. Or la "nouvelle photographie française" compte un bataillon de ces "documentaristes", de ces "enregistreurs du réel social" qui témoignent, observent, déchiffrent la lutte des classes, la misère des travailleurs immigrés, la solitude de l'individu dans le labyrinthe de la marchandise.
© André Laude - 1977
















 

© Gladys - 1979

mercredi 25 janvier 2023

 

© Louise Narbo
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Sortir de l'ombre en cultivant un petit rêve, quelques images, une chanson.
Le souvenir d'une lumière, et le goût d'y revenir, avec des mots.
© Louise Narbo - coupe sombre

dimanche 22 janvier 2023

Susan Sontag by Peter Hujar - 1975

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photographier, c'est conférer de l'importance.
© Susan Sontag - sur la photographie

dimanche 30 octobre 2022

 

© Tom-R

Entre ciel et mer,
Là-bas et là-haut,
Cherchant les passages,
Les soulèvements du vent
Qui l'emporteront
Hors de sa prison,
Hors de ses barreaux,
Bel oiseau en quête de délivrance
Qui grave son vol
Sur l'écume et la pierre,
De l'ombre au soleil,
De maintenant à l'origine,
Couche son aile
Sous les nuées,
Femme qui rêve
Et tremble
Et vacille
Entre vague et vague,
Entre bleu et bleu,
Entre rien et tout.

© Danielle Bassez


jeudi 28 avril 2022

 

 

© Tom-R

Mais que le piège puisse aussi s'appeler "liberté", qui le soupçonne encore ? Lorsqu'elle est bafouée et vicitme d'un malentendu, lorsqu'elle est comprise comme l'abrogation de toute obligation, de tout engagement, de tout relation profonde, la pseudo-liberté mène droit à l'entropie, au désenchantement et à la mort. Seule la puissance des limites fait que l'esprit se cabre, s'enflamme, s'élève au-dessus de lui-même.

© Christiane Singer


samedi 26 mars 2022

 

 

© Tom-R
 

Dès qu'il la voit, il lui trouve une grâce, un éclat différent des femmes qu'il connait. Sa peau est irréellement blanche, elle a l'air d'être de passage, comme si elle devait bientôt repartir pour une planète lointaine. Elle traverse l'espace, marche d'une pièce à l'autre, comme une somnambule. Elle n'est pas vraiment absente mais appartient à un autre plan sur le dessin. Pourtant elle capte toute la lumière. Il a devant lui une équation mystérieuse, un problème à résoudre, et il ne veut surtout pas qu’un autre le fasse à sa place.

© Isabelle Carré - les rêveurs

lundi 15 mars 2021

 

 

© Raymond Depardon


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Comment l'errant se conduit-il ?

- Il erre d'un lieu à l'autre, d'une rue à la suivante, d'une personne à l'autre. Il navigue au sein de l'espèce humaine. Une autre chose qui frappe aussi, c'est le contact uniforme qu'il a avec tout le monde, et tous les lieux qu'il traverse. C'est comme s'il ne connaissait qu'un homme à travers chacun de ceux qu'il côtoie, le même homme, le même lieu aussi, et comme si chacun, homme ou lieu, lui procurait la même impression à travers son errance. C'est comme s'il ne tenait plus compte des différences d'âge, de fonction, de niveau social ou  de sexe, de pays, de paysage...

© Raymond Depardon - errance

dimanche 21 février 2021

 















© April "Cerise" Gaddis
April 20, 1979 - February 21, 2016

ever awoken by the wail?
tonight, i'll fly away.